mercredi 11 février 2009

Moïse et... la vaisselle?

À mon fabuleux et glorieux travail de plongeur, je ne suis pas seul. Nous sommes (normalement) quatre. Chacun a son poste : il y a les chaudrons, l’entrée de la machine, la sortie de la machine et celui qui se promène et fait tout ce qu’il y a d’autre à faire. La semaine passée, un nouveau a fait son apparition. Un de mes compatriotes s’est mis à lui expliquer qu’il allait commencer par les chaudrons, ensuite la sortie et finalement il allait pouvoir s’attaquer à l’entrée. C’est tout à fait normal, puisque la charge de responsabilités est bien plus grande à l’entrée, et il faut bien connaître le fonctionnement de la machine. Mais ça m’a fait réfléchir… Malgré que celui à l’entrée soit souvent le plus rapide, il n’est pas au-dessus des autres. Celui aux chaudrons est aussi essentiel que les autres, personne ne pourrait s’occuper de la plonge tout seul. À la base, nous sommes tous plongeurs, il n’y a pas de chef-plongeur ou de sous-plongeur.

Je ne vous raconte évidemment pas ceci pour faire de la publicité (quoique ce soit bien amusant comme travail… parfois), mais pour illustrer quelque chose d’autre : la répartition des tâches dans le Royaume de Dieu.

Il m’arrive de me sentir comme si Dieu ne m’accordait pas de « ministères ». Je regarde à C.S Lewis, Billy Graham et d’autres, et je compare cela avec ce que je fais pour Dieu et je me sens bien médiocre. J’écoute les histoires d’évangélisation et d’encouragement de mes amis et je me demande si je ne suis pas la chemise laide du garde-robe de Dieu, le vêtement qu’il ne met que lorsqu’il n’a absolument rien d’autre de propre.

Je ne suis pas le premier à me sentir comme si Dieu avait oublié de se servir de moi. Moïse aussi a eu la même impression. Pendant 40 ans, il a été formé dans les meilleures écoles de la capitale mondiale de l’époque. Il regardait le peuple Hébreu et se disait certainement « Un jour je vais les libérer de cette oppression. » Finalement, le jour venu, il tue un Égyptien et doit fuir dans le désert. Pendant quarante ans, il accomplit un ministère de délivrance, convertit l’Égypte et conquiert le monde connu… pas vraiment. En fait, il paît des brebis. Je préfère laver de la vaisselle que de paître des brebis… Imaginez être obligé de surveiller une bande de boules blanches à quatre pattes pendant quarante ans. Là tu commences à te sentir inutile en pas à peu près. Moïse devait se sentir comme si Dieu l’avait rejeté, que sa chance était passée, qu’il avait commis l’erreur qu’il ne fallait pas, qu’il n’était simplement pas assez bon.

Et c’est à ce-moment-là que Dieu l’a appelé. Incroyable.

La tendance humaine, c’est de regarder à celui qui gagne le plus d’argent, qui est plus visible ou qui est le plus ancien pour trouver le plus important. Récemment, dû à certaines circonstances, nous n’étions que deux au lieu de quatre à la plonge… laissez-moi vous dire que je réalisais l’absence de mes compatriotes. Ça m’a aidé à réaliser à quel point nous avions besoin les uns les autres… C’est bien semblable dans l’œuvre de Dieu. Imaginez une campagne missionnaire de grande envergure où plein d’évangélistes reconnus sont présents. Imaginez maintenant que personne ne s’offre pour les héberger. Personne ne leur prépare à manger. Ils ont beau être talentueux, leur ministère sera beaucoup moins efficace. Il est écrit dans 1 Corinthiens 12.12 « Le corps humain forme un tout, et pourtant il a beaucoup d'organes. Et tous ces organes, dans leur multiplicité, ne constituent qu'un seul corps. Il en va de même pour ceux qui sont unis au Christ. » Si les quatre personnes à la plonge ne voulaient faire que l’entrée, où en serait l’utilité? Nous avons tous besoin les uns des autres, que nous l’aimons ou non.

Dans notre société, une des valeurs les plus prônées est la rapidité. Plus vite que t’apprends, plus vite que tu produis, plus que t’es un bon employé. Malheureusement (ou est-ce heureusement?), ce n’est pas le cas avec Dieu : il prend tout le temps qu’il veut pour former ses « employés ». Il connaît ses plans pour nous, il connaît le jour de notre mort, et il n’est pas pressé : il fera tout exactement au bon moment. Après 39 ans de paître des brebis, Moïse devait se poser des questions assez profondes sur le timing de Dieu. Mais je suis convaincu que lorsqu’il arriva aux rives du Jourdain et qu’il repensa à sa vie, il a conclu que Dieu avait entièrement raison après tout. Les Israélites ressemblaient à des brebis, après tout : entêtés, courte mémoire, « suiveux »… Dieu ne nous donne pas un livre intitulé « Le ministère pour les nuls ». C’est par nos erreurs et nos vécus qu’il nous apprend ce que nous devons savoir, quand nous devons le savoir.

Je me demande si Moïse aimerait mon travail de plongeur. Je me demande aussi à quoi va me servir cette expérience dans le futur. Mais je sais que Dieu a un plan pour moi. Et il en a un pour vous aussi.

Car moi je connais les projets que j'ai conçus en votre faveur, déclare l'Eternel: ce sont des projets de paix et non de malheur, afin de vous assurer un avenir plein d'espérance. Jérémie 29.11

mercredi 4 février 2009

Dans un coin perdu de la Gaule...

Lorsque notre famille est arrivée au Québec, nous lisions beaucoup de bandes dessinées. Une que j’aimais en particulier était Astérix et Obélix. Tout le monde connaît Astérix et ses compagnons ! Même dans mes cours d’histoire au Cégep, lorsque nous parlions de la conquête de la Gaule par les Romains, mon professeur n’a pas pu s’empêcher de dire « toute la Gaule fut conquise par les Romains… toute, sauf un petit village d’irréductibles Gaulois » ! Cette petite communauté est rendue unique par plusieurs facteurs : l’unité du village malgré la discordance de leurs personnalités, leur potion magique préparée par le druide Panoramix qui les rend quasi-invincibles, et leur compassion.

Vous allez peut-être me trouver étrange (si ce n’est pas déjà le cas !), mais ce petit village me fait énormément penser à l’Église. Pour plusieurs raisons, en fait. Par exemple, nous nous sommes faits attaqués par les « Romains » à nombreuses reprises, sans pour autant être détruits.

Je trouve que l’Église ressemble au village d’Astérix pour une autre raison : on est une bande de fous avec des caractères absurdes qui se tapent toujours dessus pour un rien. Je pense à la personne qui chante très mal, et très fort. Je pense à la personne que l’on essaie d’éviter parce qu’elle parle pour des heures et des heures. Je pense à la personne capricieuse qui est provoquée pour un rien. Je regarde cette cacophonie de visages, et je ne peux m’empêcher de me demander si Dieu n’a pas fait une erreur en prenant les « choses folles de ce monde ». Mais en même temps, je ne peux pas m’empêcher de sourire. Notre monsieur qui chante faux est tellement passionné lorsqu’il loue. Notre madame qui parle toujours est tellement transparente et honnête. Notre personne capricieuse… on l’aime pareil. C’est en regardant ces personnes que je vois la profondeur de Jean 13.35 : « A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: à l'amour que vous aurez les uns pour les autres. » Si nous étions tous parfaits, il n’y aurait rien de spécial à ce que l’on forme une famille. Mais ce qui est miraculeux, c’est que des dizaines, parfois même des centaines de personnes complètement opposés, que ce soit dans leurs personnalités ou dans leurs goûts, puissent se regarder et s’appeler « frères » ou « sœurs ». De plus, peu importe les conflits qui surgissent, nous partagerons le même festin à la fin du livre. Et personne ne sera bâillonné à côté de l’arbre.

L’Église me fait encore penser au village des Gaulois pour cette raison : la potion magique. Sans celle-ci, le village se serait fait raser depuis bien longtemps. Et c’est cette même potion qui permet au villageois de partir à l’aventure. C’en est de même pour nous. Quelle est cette potion magique ? Christ lui-même ! Afin de bien me comprendre, lisez premièrement Colossiens 1.13-20. Maintenant, lisez Colossiens 1.27. LE CHRIST EST EN VOUS. Ce même Christ qui est à l’origine de toutes choses, pour qui et par qui toutes choses sont créées est en nous ! Toute la plénitude de Dieu demeure en lui. Et lui demeure en nous. Nous ne sommes PAS un petit village d’asservis, nous sommes irréductibles ! Absolument rien ne peut égaler la puissance que nous possédons ! Nous ne sommes pas faibles. Vous n’êtes pas faibles. Car ce n’est pas votre force, votre personnalité, votre emploi, votre vie passée qui détermine qui vous êtes ; c’est Christ. Et ne laissez personne d’autre que lui vous définir. En plus, la force de Christ est permanente : c’est comme si nous étions tombés dedans étant petits.

Ce qui m’a toujours épaté chez les Gaulois, c’est comment ils sont prêts à faire le tour du monde afin d’aider un opprimé. Quelqu’un leur demande de l’aide et ils ne disent jamais non. Ils y prennent même plaisir ! Et je suis ravi de voir que c’est semblable aussi chez l’Église. Des organisations qui viennent en aide aux défavorisés nationaux autant qu’internationaux, des gens qui partent en missions à court et long terme afin d’aider des milieux plus pauvres, des projets pour étendre nos mains au nom de l’amour de Dieu. Si vous ne vous impliquez pas présentement dans un projet du genre, je vous y invite ! Peu de choses rendent aussi heureux que lorsque l’on aide quelqu’un dans le besoin ! Demandez aux gens dans votre église s’ils connaissent des projets dans lesquels vous pourriez vous impliquer. En plus vous étendrez vos horizons ! Qui sait, peut-être même ferez-vous un petit tour aux jeux de Rome en passant !

Bon, nous ne sommes peut-être pas Gaulois. Nous n’avons pas peur que le ciel nous tombe sur la tête et nous ne nous frappons pas avec du poisson frais. Mais nous sommes tout de même une communauté d’irréductibles chrétiens ! Ce qui nous unit n’est pas un lieu ni une nationalité ni un âge ni un loisir, mais Christ. Faisons usage de notre « potion magique » pour exercer de la compassion envers ceux autour de nous !

mercredi 28 janvier 2009

Déboucher un drain sans Drainol!

Parmi toutes les tâches qu’il y a à faire à mon travail de plongeur, je dois dire que celle que je préfère de loin est de déboucher les drains. Plonger mon bras dans un évier rempli d’eau crasseuse, gluante et remplie de grumeaux, fouiller dans le fond et ramasser le plus de crasse (normalement un mélange de patates, de riz et des objets non-identifiables) possible. Souvent, il faut recommencer un bon nombre de fois avant d’avoir vidé le bac. Agréable ! Mais bon, plaisante ou non, cette activité est essentielle.

Évidemment, vous n’êtes pas venus ici pour avoir un cours sur le débouchage d’éviers (quoique ce serait très intéressant !). Non, ce n’est pas le but de ce texte. En effet, je veux vous inviter à déboucher vos éviers spirituels afin de permettre au courant d’eau de passer.

Mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif. Bien plus: l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source intarissable qui jaillira jusque dans la vie éternelle. Jean 4.14

Il va sans dire que si ton drain est bouché, non seulement tu ne pourras pas être une source inépuisable, mais tu ne pourras pas non plus boire. En d’autres mots, si y a de quoi qui bloque ta connexion avec Dieu, tu ne pourras accomplir des choses pour lui efficacement (Je dis bien efficacement, car Dieu nous utilise même dans nos péchés. Seulement, le service deviendra rapidement un fardeau et sera difficile à accomplir.), et tu ne pourras pas non plus être abreuvé de la passion qui résulte d’une proximité avec Christ. Aujourd’hui, je veux vous apprendre comment déboucher votre drain afin que le courant d’eau puisse passer.

Afin de déboucher un drain spirituel, il faut premièrement savoir ce qui bloque le drain. Ensuite, il faut enlever la chose en question. J’ai remarqué trois choses qui ont tendance à bloquer mon drain : mes occupations, mes négligences et mes émotions.

Premièrement, mes occupations. Pas nécessairement des occupations mauvaises en soi, je ne parle pas uniquement que de péché. Je parle d’un surplus de ces occupations. Dans notre société occidentale du 21ème siècle, nous sommes devenus experts du divertissement : télévision, ordinateur, mp3, notre monde est devenu centré autour de ce fameux divertissement. Avant, l’on se divertissait pour se changer les idées du travail, pour se reposer. Maintenant, l’on travaille afin de payer nos divertissements. Ces divertissements sont loin d’être des maux en soi (sans ordinateur il me serait plutôt difficile d’écrire ce que j’écris !), mais ces passe-temps ne doivent pas prendre plus de place dans votre vie que Dieu. Je ne parle pas nécessairement d’une question de temps, mais d’une question de cœur. Lorsque notre prière est polluée de pensées concernant la suite d’une série télévisée, lorsque l’on ne cherche plus à mieux connaître Christ et à la servir parce qu’un passe-temps a pris la première priorité... Personne ne peut dire à quelqu’un d’autre si son coeur est trop attaché à une chose, ce sera à vous d’évaluer si votre passe-temps est devenu plus qu’il devrait être. Ce sera aussi à vous de prendre les actions nécessaires pour vous en débarrasser, si cela est nécessaire. Votre communion avec le Dieu qui vous a créé est bien plus importante que la suite d’une série ou la « bibitte » dans un jeu.

Deuxièmement, nos négligences peuvent boucher notre drain. Les fameux « Ce n’est pas si grave que ça ». Je trouve un peu comique que chaque fois que je me dis cela, c’est parce que c’est effectivement « si grave que ça ». Les choses que Dieu nous a montrés jadis et que nous essayons d’étouffer avec des défaites poches. Lorsque nous laissons tomber la prière. Quand nous arrêtons notre étude de la Parole. Nous devons nous donner un gros coup de pied dans le derrière et reprendre les choses qui ont tranquillement pris le bord afin de déboucher notre drain.

Finalement, nos émotions. Notre colère. Notre amertume. Notre jalousie. Pour ma part, je suis très conscient de mon état lorsque je vis une émotion qui pollue ma communion avec Dieu. Pourtant, au lieu de donner ces émotions à Dieu, je les cultive et les nourris. Finalement, ces émotions bloquent ma communion avec Dieu, car lorsque j’essaie de passer du temps avec lui, mes pensées sont continuellement envahies par ma colère et ma frustration. Ce n’est pas du tout facile, mais il faut remettre ces sentiments à Dieu. Parfois il faut le faire plusieurs fois. Mais l’effort de déposer nos lourdes émotions est bien moins grand que de continuer de les traîner.

Lorsque notre vie spirituelle semble sèche, il est temps de vérifier le drain. Il est temps de voir si quelque chose bouche notre communion avec Dieu. Si c’est le cas, il est temps de déboucher le drain. Mais faites attention : dans votre zèle d’obéir au premier commandement (Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée) ne négligez pas le deuxième : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. C’est quelque chose de difficile pour moi, mais il nous faut être modérés. Je déteste être modéré. Je veux être à 100% dans les extrêmes. Mais ce n’est pas en partant d’un extrême pour aller à l’autre que nous règlerons un problème. Si une conviction vous amène à blesser quelqu’un, il est probable que cette conviction ne vienne pas de Dieu.

Déboucher un drain est déplaisant, salissant et un peu dégoûtant. Mais si on le néglige, les conséquences seront bien plus graves. Ne laissez pas un drain bouché mettre des bâtons dans les roues de vos ministères ou bloquer votre communion avec Christ.

Comme un cerf qui soupire après l'eau des ruisseaux, de même je soupire après toi, ô mon Dieu. J'ai soif de Dieu, du Dieu vivant! Quand pourrai-je venir et me présenter devant Dieu? Ps. 42.2-3