mercredi 14 octobre 2009

Le road-trip de ta vie

Une bonne amie à moi est partie ce lundi pour un gros périple de plusieurs mois. Elle et une autre amie vont faire un voyage… en Israël ! Là je suis sûr que vous êtes comme moi et que vous êtes super jaloux d’eux, vous vous dites « Oh que j’aimerais ça partir en voyage ! » Et puis là on peut se mettre à rêver de toutes les belles choses que nous ferions, tous les nouveaux endroits que nous visiterions, les fabuleux paysages, les gens intrigants… Un voyage, y a pas grand-chose de mieux !

 

Cependant, ce que l’on oublie bien souvent lorsque l’on pense à un voyage est sa préparation. Moi en tout cas, presqu’à chaque fois que je dis à quelqu’un « J’aimerais tellement ça faire tel et tel voyage, faire telle et telles choses… » on me répond « Commence à ramasser ton argent ! » pis là ça pète complètement ma bulle. Avouez que ça craint de se faire dire ça. Un espèce de retour à la réalité poche et brutale...

 

Dans des situations pareilles, on peut se dire deux choses : ou ben on laisse tomber pis on reste dans notre routine, ou ben on fait des efforts concrets et on s’arrange pour faire marcher notre rêve. On pourrait parler de toutes sortes de rêves, allant d’avoir une belle famille jusqu’à faire le tour du monde en montgolfière, mais ce n’est pas de cela que je veux discuter aujourd’hui. Ce soir, je veux parler des rêves que Dieu nous donne.

 

Si vous ne le saviez pas encore, Dieu a des rêves pour ta vie ! Il t’a choisi précisément, désirant utiliser tes capacités enrichies de ses dons pour Son œuvre. Ce rêve est quelque chose qui le passionne, et il fera tout pour t’y amener ; tout ce qu’il manque, c’est que tu te joignes à son équipe pour le réaliser.

 

Je connais un homme qui a eu de ces « rêves divins », si je peux employer le terme sans trop qu’il soie connoté, cet homme s’appelle Paul.

 

Tout a commencé par une nuit de prison (évidemment, à connaître Paul) dans le coin de Jérusalem. Après une journée de captivité, le Seigneur apparut à Paul et lui dit : « Courage ! Tu as été mon témoin à Jérusalem, il faut que tu le sois aussi à Rome. » (Actes 23.11) Tout rêve divin commence par une révélation de la sorte. À force de vivre en communion étroite avec Dieu, ses rêves deviennent les nôtres, et il partage ce qu’il désire avec nous. Ça ne se fera probablement pas par une révélation brillante et bruyante, mais quelque part au fond de nous on sent une passion pour quelque chose. C’est cette passion qui a envoyé des missionnaires dans des coins reculés de la planète où ils ont risqué leurs vies pour Dieu.

 

Avez-vous un rêve de ce genre ? Un désir profond qui va contre la logique, qui va contre nos buts égoïstes ? Plusieurs personnes ont dit à Paul qu’il allait se faire emprisonner, torturer, qu’il ne devrait pas y aller, mais Paul a tenu à la révélation que Dieu lui avait donnée. Moi-même j’ai un rêve similaire qui se développe, qui prend de la couleur, qui se modifie avec le temps, mais dont le squelette reste le même. Ça peut être n’importe quoi (on se comprend ici s’il-vous-plaît, merci, n’importe quoi qui reflète Dieu) ! Je connais un homme à qui Dieu a donné le rêve de sauver la vie de maintenant 3 orphelins vietnamiens qui ont été mis à la rue et laissés pour mourir. Il est allé les adopter, et son histoire n’a été que miracle après miracle après miracle. Si vous voulez plus de détails, n’hésitez pas à m’écrire pour que je vous les donne !

 

L’erreur à ne pas faire serait de répondre à Dieu « Je ne suis pas capable de faire une telle chose ! » Parce que ce n’est PAS à propos de toi ou tes capacités, mais à propos de Dieu et de sa puissance. Dieu a pris un bégayeur pour parler à la première puissance mondiale et sortir Son peuple de son emprise. Il a prix un dernier de famille, rejeton de ses frères pour en faire un grand roi. Il a pris un timide Timothée pour en faire un dirigeant d’église. Il veut te prendre toi pour faire quelque chose de grand à ses yeux ! Mais avant de chercher à faire quelque chose de grand, cherches à trouver ce que Dieu veut de toi. Prends un temps pour lui parler, lui demander ce qu’il veut… et sois prêt à le faire. Et fais attention quand tu dis que tu y es prêt… Sans trop vouloir te faire peur, mais ça pourrait te mener à ta mort.

 

Un de mes modèles est un homme qui s’appelle Nate Saint (ça tombe bien on a le même prénom). Cet homme ainsi que 4 autres avait le rêve inspiré de Dieu de présenter Christ à la tribu Huaorani en Équateur. Nate était le pilote du groupe, ayant appris à piloter durant la 2ème guerre mondiale (wow quel heureux « hasard », n’est-ce pas ?). La tribu Huaorani était reconnue pour son hostilité et sa violence, mais l’Opération Auca savait que Dieu voulait qu’elle puisse connaître son salut.

 

Après plusieurs mois de préparation et de cadeaux de la part des missionnaires envers la tribu (déposés par avion), les 5 hommes décidèrent qu’il était temps de faire le premier vrai contact. Ils se posèrent et descendirent de l’avion le 8 janvier 1956, prêts à la rencontre décisive de cette tribu.

 

Le 8 janvier 1956, Jim Elliott, Peter Fleming, Ed McCully, Roger Youderian et Nate Saint furent massacrés par des guerriers Huaorani.

 

Le rêve de Dieu pour ta vie n’inclut probablement pas ton confort le plus absolu ni ta richesse sur terre. Cependant, ces hommes ont obéi à l’appel de Dieu. Ont-ils regretté ? Jamais de la vie, ou de l’après-vie, devrais-je dire. En fait, non seulement ces hommes ont-ils été couverts de récompenses qui ne périssent pas et qui n’arrêtent pas de marcher 3 jours après la fin de la garantie, non seulement sont-ils entrés dans le paradis pour y rencontrer Jésus qui les accueille bras grand ouverts, disant « Mes chers et fidèles serviteurs, bienvenue chez moi et chez vous ! », mais quelque chose d’autre s’est produit, de plus… terre-à-terre, disons.

 

Plusieurs années après cet évènement, la veuve de Jim Elliott, Elisabeth, et la sœur de Nate, Rachel, y sont retournées pour vivre avec les Huaorani, ce qui a mené à la conversion de plusieurs de ceux-ci, notamment quelques-uns de ceux qui ont tué les cinq hommes. J’aime pas trop faire de la pub gratuite, mais un film très touchant a été fait à propos de cet évènement qui est triste, oui, mais tellement une source de réjouissances pour les chrétiens. Le film s’appelle « End of the Spear ».

 

Dieu a un rêve pour toi. Mais il ne t’y forcera pas. C’est à toi de lui demander quel est son rêve pour ta vie et d’être prêt à lui obéir, coûte que coûte. Ça semble difficile, et ça l’est vraiment, mais le voyage est le plus merveilleux que tu ne pourrais imaginer: c’est le plan de route de Dieu, pour ta vie ! La semaine prochaine, on parlera du concret de la réalisation de ce voyage, et comment s’y préparer. Pendant ce temps… répondez à cette question. Quel est le rêve de Dieu pour ta vie?

 

Ma vie m'importe peu, je ne lui accorde aucun prix; mon but c'est d'aller jusqu'au bout de ma course et d'accomplir pleinement le service que le Seigneur m'a confié, c'est-à-dire de proclamer la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu.

Actes 20.24

mercredi 7 octobre 2009

Une histoire d'amour

C’est l’histoire d’un jeune homme qui rencontre une jeune femme, comme dans toutes les bonnes histoires d’amour de ce genre. Au départ le jeune homme ne remarqua pas la jeune dame, mais dès qu’elle posa les yeux sur lui elle sut que c’était lui que Dieu lui réservait. Après une longue histoire d’amitié et de romance subtile, le jeune homme se rendit compte que derrière le voile du visage plutôt ordinaire de la jeune demoiselle se cachait une de ces femmes qui feraient briller les plus belles étoiles, si on pouvait faire briller une étoile ne serait-ce qu’avec la perfection de son être.

 

Ils se marièrent, comme dans toute bonne histoire d’amour, et leur cérémonie était des plus fantastiques. Je ne parle pas de ces mariages flamboyants où on débourse des sommes immenses ne serait-ce que pour démontrer sa richesse absurde afin de compenser pour le manque de sincérité, mais un mariage tout simple où était présent un amour si pur et véritable qu’il semblait que même les invités les plus distants pleuraient de joie et d’attendrissement face à ce spectacle qui sortait de l’ordinaire. Le père de la jeune dame, puisque ce sont toujours les pères de la demoiselle qui semblent les plus généreux, leur donna à tous deux un cadeau tout simple, mais à l’image de sa fille quant à son excellence.

 

Le père leur tendit ce cadeau en disant : « Avec ceci, vous pourrez accomplir de grandes choses ainsi que de minuscules », car le père savait que bien souvent les minuscules choses sont les plus importantes. Il continua, « Avec ceci, vous pourrez guérir les plaies les plus profondes et douloureuses. Avec ceci, le monde est à votre portée. Avec ceci, vous pourrez vivre l’amour que ceux du passé croyaient être un mythe et dont ceux du futur raconteront l’histoire jusqu’à la fin des temps. Avec ceci, vous pourrez donner la vie. »

 

Tremblant d’anxiété mais rempli de curiosité et poussé par la présence rassurante de son épouse, le jeune marié remercia son beau-père et ouvrit le coffret. Ce cadeau était la communication.

 

Lorsqu’ils reçurent ce don, ils n’en comprirent pas tout de suite le sens. Mais bientôt ils découvrirent que les paroles qu’ils prononçaient jadis avaient pris un sens bien plus profond : ils étaient dorénavant capables de s’exprimer avec le cœur, par l’entremise de mots qui, d’habitude si maladroits, étaient maintenant empreints de signification et d’émotion profondes qui jaillissaient du cœur. Quelle merveille que de pouvoir révéler à l’autre les secrets de son âme!

 

Alors qu’ils partaient, le père les interpella une dernière fois et les prévint : « Faites attention ! Car ce qui construit peut ainsi détruire, ce qui peut guérir peut de même blesser, et ce qui donne la vie peut également la reprendre. » Trop enivrés de romance, de joie et d’un peu trop de champagne, ils ne prêtèrent pas attention à ce conseil judicieux.

 

Quelques mois plus tard, lors de la promenade quotidienne de l’époux, apparut un ancien ami du marié, depuis longtemps oublié. Celui-ci, un véritable vaurien, commença tout de suite à calomnier les gens du village, simplement pour le plaisir de le faire, s’appuyant sur des ouï-dires et des préjugés. Le marié, ne voulant pas choquer son ami, se mit à rire avec lui. Soudainement, cessant de rire, l’ancien ami eut un visage inquiet et même désolé pour son ami récemment marié : « Comment est-elle, ta femme ? À première vue elle n’est qu’un peu mieux que laide, qu’est-ce qui t’attires chez elle ? » Et le marié, son plus grand défaut étant de ne pas pouvoir contredire un bon ami, répondit « Ah, tu sais, tu ne dirais pas cela si tu la voyais la nuit ! » avec un clin d’œil.

 

Son ami, jouissant de cette information juteuse, entreprit un bref échange de politesses inutiles et superficielles, ceux que l’on partage avec ceux qui étaient aimés jadis et qui sont maintenant oubliés, avant de lui dire au revoir et de disparaître. Pendant ce temps, l’épouse et sa bonne amie prenaient le thé (quoique l’épouse préfère le café, à vrai dire) en discutant de tout et de rien, lorsque l’amie adepte du thé dévoila la raison de sa visite : « J’ai entendu dire », chuchota-t-elle, « que ton mari fréquente des gens de mauvaise vie. » L’épouse, déséquilibrée par l’affirmation mais faisant de son mieux pour demeurer confiante, répondit « Ce doit être pour une charité quelconque, non ? » L’amie, savourant le délice du secret, laissa le poignard couler comme du miel, dégoulinant mot par mot : « Je veux dire, tu sais, les femmes de mauvaise vie. Si c’est une charité, je ne sais, mais je sais qu’il débourse de l’argent. Je l’ai entendu d’une amie très digne de confiance. » L’épouse étant visiblement troublée, baissa le regard et ne dit plus rien. Son but accompli, l’amie bienveillante (car rapporter des potins pour la « protection » d’une amie est bien généreux) s’en retourna à sa demeure et à son mari trop occupé par son travail pour aimer son épouse.

 

Alors que notre nouvel époux était sur le chemin du retour de son travail après une longue journée, l’ami vaurien refit apparition mais cette fois-ci il n’était pas seul. Il amenait avec lui une de ces femmes pour qui on détourne des navires et pour qui on entreprend des guerres, et cette femme-ci était assez cruelle pour apprécier ces démonstrations d’affection, ou plutôt d’infatuation. L’ami, avec un sourire stupide aux lèvres, s’exclama bêtement « Tiens, je te présente une amie à moi ! Puisque ta femme t’attire ne serait-ce que pour cela, je t’ai apporté celle dont tout le monde dit qu’elle est incomparable. » Le marié, complètement désemparé, tenta de balbutier une excuse mais fut pris de force par le charme sensuel de la puissante succube.

 

Comme le veut la tradition, l’épouse du pauvre homme arriva à cet instant même où l’exécrable imitation d’une femme prit notre héros dans ses bras pour déposer sur ses lèvres un baiser teinté de faux désir et dégoulinant de perversion et d’érotisme. L’épouse cria, le marié revint à ses sens et se rendit compte de ce qu’il avait fait, et il tenta vainement de se justifier envers celle qui était détruite. Vainement en effet, car les paroles prononcées cette journée-là avaient fait leurs dommages à la structure de l’édifice qui était leur confiance, et il était trop tard pour dire quoi que ce soit, le bâtiment s’écroula. La mariée s’enfuit en larmes, le marié entra en rage profonde contre son ami, mais en vérité c’était contre lui-même. L’ami ria d’un rire jouissif (car il s’agissait d’un véritable criminel de la vertu) et la femme vint se frotter contre le marié, qui la repoussa avec un grognement ainsi que d’un mot que nous considérerions vulgaire, et qui s’en alla d’un pas rageur.

 

Ce soir-là, le père de la mariée pleura, car il savait ce qui venait de se produire. Le cadeau fait le soir de leur mariage avait été employé pour le mal. Oh, bien sûr, ce n’était pas un mal bien méchant ! Une petite blague un peu sexuée que l’on ne pensait pas réellement, un peu de potinage entre deux petits gâteaux (on ne peut prendre un thé sans petits gâteaux, évidemment), il y a bien pire maux dans ce monde. Cependant, la destruction avait accomplie son œuvre et l’amour qui était jadis pur est devenu hanté de remords et de doutes.

 

Ils n’ont pas divorcé (car, avec le cœur sensible que j’ai, je ne peux pas rompre un couple si proche de la perfection en matières d’amour), mais ça n’a pas été facile. Le marié a dormi près d’une semaine sur le seuil de la porte, implorant le pardon nuit et jour, avant que son épouse ne le laisse rentrer. Ça a pris un mois avant qu’elle ne lui adresse la parole, et ce n’était que pour lui ordonner d’accomplir une tâche quelconque. Mais tranquillement, les supplications de l’époux touchèrent le cœur de sa tendre femme, qui entendait dans sa voix la sincérité qu’elle connaissait si bien, la sincérité honnête de la repentance.

 

Ils ont appris à se pardonner, à se faire confiance. Plus important, ils ont appris à veiller sur tout ce qui sortait de leur bouche. Ils ont appris que la langue est comme le gouvernail d’un grand navire, et qu’il peut mener celui-ci à bon port autant qu’à l’épave. Ils ont appris que même une parole qui semble insignifiante est un dard empoisonné d’un venin sordide et virulent.

 

Non seulement ont-ils appris à ne pas commettre le mal avec le don offert par leur père, ils ont même appris à se servir de celui-ci pour faire le bien. À la fin de leurs vies, ils étaient connus partout comme étant des sources d’encouragement et d’édification. Plus important, ils étaient connus de tous comme étant des gens qui remerciaient Dieu avec chaque parole prononcée, que ce soit directement ou indirectement. Mais avant cela, lorsque le père de l’épouse était sur son lit de mort, il convoqua sa fille et son époux et leur confia une dernière parole.

 

« Mes enfants, » murmura-t-il avec la voix fragile et lente de celui qui est en chemin vers la tombe, « je vous aime de l’Amour qui est pure comme la neige fraîchement tombée, je vous aime de l’Amour qui est puissante comme l’entrechoquement des planètes, je vous aime de l’Amour qui est passionnée comme la pluie torrentielle, je vous aime de l’Amour qui est vraie comme la fleur qui donne sa vie pour celui qui la cueille. Mes enfants, je vous en prie : vous savez maintenant quel est mon cadeau, quelle est sa puissance destructrice ainsi que sa force constructrice, quel est son poison ainsi que sa cure, quelle est sa malédiction ainsi que sa bénédiction. Mes enfants, je vous en prie : maintenant que vous savez tout cela, redonnez-moi le cadeau que je vous ai donné. »

 

Surpris pas la requête inattendue, ils ne surent pas refuser à leur père mourant son désir. Mais lorsqu’ils ouvrirent la petite boîte qui contenait la communication, ils se rendirent compte avec horreur que le coffret était vide. Honteux, le marié prit la parole et la responsabilité entière, et dit, avec des larmes remplissant ses yeux, « Père, j’ai égaré ton cadeau. Je suis désolé, je regrette amèrement. » Pendant le plus interminable des moments, le père ne réagit pas. Après ce qui sembla une éternité, un sourire véritable remplit son visage craqué. « Au contraire », murmura-t-il, « il me semble que tu l’as enfin trouvé. »

 

Étonnée, confuse et un peu désemparée, la femme redevenue fille l’interrogea en lui chuchotant « Mais papa, nous ne l’avons plus. Il n’est plus dans la boîte et nous ne savons où il est… »

 

Le marié crut déceler un indice de malice bienveillant dans le visage de son père alors qu’il répondit à celle qui est la prunelle de ses yeux. Il lui dit ceci, d’une voix tremblotante mais pourtant remplie de puissance : « Ma chère fille, mon cher fils. Le don de la communication n’en est pas un qui se possède dans une boîte. Alors qu’il demeurait dans la boîte, vous pouviez vous en servir pour faire le bien, comme vous pouviez vous en servir pour faire le mal. C’était un outil pour arriver à vos fins, rien de plus. »

 

Il prit une pause pour prendre son souffle, et poursuivit : « Lorsque vous avez guéri de cette journée fatale il y a si longtemps, le don de la communication a pu commencer à agir en vous afin de devenir plus qu’un outil. Vous avez commencé à communiquer non pour assouvir vos désirs, mais pour combler les besoins urgents de ceux autour de vous. Vos paroles sont devenues des véritables sources d’eau fraîche dans un monde désertique, ravagé par les mensonges, les secrets, les double-sens, les perversions et les insultes. Le cadeau que je vous ai fait n’est plus dans la boîte pour la raison toute simple que vous l’avez donné à tous ceux que vous avez encouragés et fortifiés, à tous ceux qui mouraient de soif que vous avez abreuvés. En faisant cela, vous me l’avez déjà redonné, par l’entremise des âmes qui ont été bénies par votre vie. »

mercredi 30 septembre 2009

C't'en forgeant qu'on devient forgeron...


S’il y a bien une époque qui a passionnée les écrivains et les conteurs, c’est le Moyen Âge ! Chevaliers, princesses, royaumes, paysans, guerres, dragons… la liste pourrait devenir très longue. J’avoue que lorsque je repense à ce temps je me retrouve moi-même illuminé d’histoires instantanément glorieuses et une nostalgie imaginative m’envahit. Que serait-ce d’être un chevalier, combattant des hordes d’envahisseurs un jour et courtisant des princesses le lendemain (on ne critique pas mes rêves svp merci), se dresser sous la bannière d’un roi, d’un pays, d’une patrie (imaginez des beaux drapeaux fleurdelisés ici) et se donner corps et âme pour cette cause !

Parfois, dans des moments moins glorieux et plus réalistes, je me demande qu’est-ce que ce serait d’être un simple paysan soumis à un baron, un duc ou un seigneur égoïste, travaillant à la sueur de mon front pour cette personne qui se gave de porc rôti et de divertissements. Je me demande qu’est-ce que serait la vie en société, au marché sale et bondé où l’on tente de vendre le peu de surplus qu’on a réussi à cultiver durant l’année. Je m’imagine la vie en famille où nous sommes sept enfants, où nous mangeons le même repas tous les jours, où nous faisons le même travail tous les sept.

Je peux m’imaginer cultivateur, forgeron, couturier (tsé pour faire des vêtements là), etc. Et lorsque je pense à cela, je m’imagine apprendre le métier de mon père, regarder ce qu’il fait et l’imiter à mon tour, analyser chaque mouvement de son bras lorsqu’il bat le fer, m’asseoir avec lui pour comprendre l’agriculture au fil des saisons, comment prévoir la météo du lendemain… Apprendre aux pieds du maître, qui est ton propre père, existe-t-il meilleure façon d’apprendre ?

Le même système pédagogique est présent dans notre Fruit de la semaine dans Éphésiens 5.1 : « Puisque vous êtes les enfants bien-aimés de Dieu, suivez l'exemple de votre Père. »

Quel passage à la fois si simple et si puissant! C’est le règne absolu de la grâce. Là où avant il y avait système de lois et d’obligations, il y a maintenant relation Père-enfant. Dieu, au lieu de régner du haut de son château fortifié, est venu jusqu’à nous afin de devenir notre Papa, de qui nous pouvons apprendre le « métier » de Chrétien, non par obligation ou par contrainte, mais en réponse à l’amour incomparable de notre Père qui nous a adoptés!

Malheureusement, nous ne sommes pas encore dans une situation où nous pouvons voir Dieu avec nos yeux, alors comment suivre son exemple? On pourrait y penser bien longtemps, mais nous ne le ferons pas pour la raison simple et unique que la réponse est écrite dans le verset suivant : « Que toute votre vie soit dirigée par l'amour, comme cela a été le cas pour le Christ: il nous a aimés et a livré lui-même sa vie à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice dont le parfum plaît à Dieu. »

Ah ben zut. Apparemment le métier de Chrétien n’est pas si simple que ça.

Au début ce n’est pas si pire : « Que toute votre vie soit dirigée par l’amour ». Il s’agit juste d’aimer tout le monde, c’est ça? Facile! J’aime mes voisins, j’aime les gens à mon cégep, à mon église, à mon travail, j’aime les gens pauvres, je suis tout simplement rempli d’amour! J’suis bien parti pour être un super-chrétien!

Ensuite : « Comme cela a été le cas pour le Christ ». Bon, d’accord, j’suis pas aussi bon que Jésus (quoique je ne pense pas être bien loin, au fond!), mais lui de toute façon il était Dieu, alors ça compte pas vraiment, non? (Procédons vite à la prochaine partie avant que nos consciences nous rattrapent!)

Prochaine partie : « Il nous a aimés et a livré lui-même sa vie à Dieu pour nous ». Hmm… Ici j’ai deux choix : ou bien je passe rapidement par-dessus en remerciant Jésus pour son sacrifice par politesse, ou bien je m’arrête et je comprends les liens qui se tissent dans le verset. Le fameux « Que toute votre vie soit dirigée par l’amour » du début prend de la couleur ici : Aimes au point d’offrir ta vie à Dieu pour d’autres qui ne le méritent pas.

Mes chers amis, si je voulais modérer mes propos, je dirais que les enjeux sont grands. Ici se joue votre vie en entier. Ici se joue votre maison future, votre emploi, votre famille, votre road-trip en Westfalia, votre journée de demain, votre vous-même. Qui est le centre de ta vie? Oui oui, je sais que c’est « Dieu » la bonne réponse, mais on se fout de la bonne réponse. Avant même de répondre, regardes où tu mets ton argent. Regardes où tu mets ton temps. Regardes où tu mets ton énergie. Concrètement, et non théoriquement ou de manière abstraite, peux-tu répondre en toute honnêteté que ce n’est pas toi, le centre de ta vie…?

« Comme une offrande et un sacrifice dont le parfum plaît à Dieu. » Mes amis. Nous ne pouvons pas plaire à Dieu si nous n’abandonnons pas notre vie en entier à lui. Ça a toujours été comme ça, et ça le sera toujours : Il leur dit : « Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Ils abandonnèrent aussitôt leurs filets et le suivirent. Êtes-vous prêts à laisser ce que vous faites pour apprendre le métier de Chrétien ? Je vous avoue que c’est difficile ; personne n’a jamais prétendu le contraire. Mais il n’y a rien de mieux sur cette terre que d’apprendre la vie à côté de notre Papa. Pensez-y.

Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui.
Romains 8.17